Les échecs de reprise de l’arbre

C’est la saison où les collectivités et les entreprises du paysage ressortent leurs listes et s'adonnent à une tâche que l’on aimerait tous éviter : compter les arbres morts de leur patrimoine arboré. Sur le papier, ça ressemble à une simple comptabilité, en réalité, c'est le moment le plus stratégique de l'année pour éviter de refaire plusieurs fois la même erreur.

Remplacer un arbre mort sans en tirer une leçon

Si un arbre est mort, on devra en général le remplacer.
Cependant se reproduit souvent la même opération sans se poser la question qui compte vraiment : pourquoi est-il mort ?
Défaut d’arrosage, une essence mal choisie, ou la bonne essence mais pas au bon endroit, un défaut de fourniture en pépinière, un sol pollué ou gorgé d’eau.

Si les causes sont multiples, sans diagnostic, on replante au même endroit, avec un résultat peu surprenant.
Dans dix ans, on se retrouvera avec un arbre planté pour la sixième fois dans le même trou.

Choisir quels arbres et les diagnostiquer

Une fois l’arbre en terre, la majorité des échecs de reprise ne se voient pas à l’œil nu.
Cela se joue bien avant, et cela dans la pépinière. Un arbre doit être transplanté trois à quatre fois avant d’arriver sur le chantier.
Si son système racinaire n’a pas été correctement préparé au long de son parcours, aucun arrosage intelligent, aucune terre de qualité ni aucune solution technologique ne le sauveront.
On pourra mettre tous les moyens du monde, s’il n’a pas été bien préparé à la transplantation, il ne reprendra jamais.
C’est là qu’intervient une pratique peu connue mais très efficace sur les gros projets d’aménagement.
Lorsqu’une collectivité commande 200, 300 arbres ou plus, nous lui recommandons d’en sacrifier 1 ou 2 de plus pour évaluer la fourniture.

On décortique la motte, on inspecte la qualité des racines, on vérifie si le chevelu racinaire a été bien stimulé en pépinière.
Un arbre du même lot est en quelque sorte sacrifié pour assurer aux 299 autres de se développer.

C’est une façon très concrète de transformer un pari sur l’avenir en diagnostic sérieux.

Le vrai enjeu : casser le cycle de la replantation à l’infini

Faire l’inventaire des arbres morts est nécessaire, cependant comprendre le lien entre le sol en place, les conditions de plantation et la mortalité, c’est ce qui évite d’engager le même budget cinq fois pour le même résultat.

Le diagnostic agropédologique permet justement de retracer toute la chaîne : d’où provient l’arbre, comment a-t-il été stocké, comment il a été planté et quel type de sol lui a permis de se développer.

Pour les collectivités qui préparent leurs budgets à cette période de l’année, c’est le moment idéal pour intégrer cette étape de diagnostic dans la prochaine campagne de plantation.

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