Saint-Germain-en-Laye, ville de 47 000 habitants à l’ouest de Paris, gère 67 hectares d’espaces verts et 8 500 arbres avec une équipe de 30 personnes.
Le centre-ville historique, classé site patrimonial remarquable, ajoute une contrainte forte : chaque projet de végétalisation doit convaincre l’Architecte des Bâtiments de France (ABF), pas toujours enthousiaste à l’idée de mettre du végétal devant un bâti classé.
Si, chaque année, la ville abat entre 50 et 90 arbres, soit environ 1 % du patrimoine, elle considère ce taux raisonnable. Sur les cinq dernières années, environ 250 à 300 arbres sont plantés annuellement, dont deux tiers en remplacement et densification et un tiers sur des projets neufs de désimperméabilisation, avec près de 15 000 m² rendus perméables sur la période.
Le choix stratégique du 100% de pépinières françaises
La ville s’approvisionne presque exclusivement auprès de pépinières françaises, jugées largement compétentes et compétitives en prix. Elle ne considère pas nécessaire d’aller chercher les arbres ailleurs. Geoffrey Marcon souligne l’expertise remarquable des chefs de culture en pépinière, capables de connaître précisément le comportement de chaque essence face au sol, à la température ou à l’ensoleillement.
Saint-Germain-en-Laye a supprimé la garantie de reprise habituellement facturée par les entreprises de plantation. Ce choix est observé aussi dans des collectivités matures comme le Val-de-Marne ou Albi, comme le souligne Thomas Bur.
Cela permet de réallouer ce budget vers davantage de plantations, tout en reprenant en interne la maîtrise totale de l’arrosage des jeunes arbres.
Reprendre le contrôle de l’arrosage de ses arbres
Depuis 2020, la ville utilise des sondes tensiométriques placées dans et autour de la motte des jeunes arbres. L’objectif initial était de calculer précisément quand arroser, mais le bénéfice réel s’est révélé différent et inattendu : ces sondes permettent aussi de comprendre ce qui se passe sous terre, une zone naturellement opaque pour le gestionnaire.
Elles servent notamment à vérifier si l’arbre colonise correctement son support et pompe bien l’eau apportée, avec une confiance accordée principalement aux 2e et 3e années, en considérant que la 1re année est traitée en arrosage maximum pour limiter le stress post-arrachage.
L’objectif final est de rendre l’arbre le plus autonome possible en accélérant le développement de son système racinaire.
Les nouvelles compétences du gestionnaire d’espaces verts
Deux facteurs majeurs ont transformé le métier ces dernières années : la gestion du risque juridique lié à l’arbre et l’adaptation des villes au changement climatique. À cela s’ajoutent de nouvelles compétences numériques, avec le passage d’un couple QGIS/Excel à des logiciels intégrant intelligence artificielle et imagerie satellite pour calculer la canopée, le rafraîchissement et l’absorption de CO2.
Geoffrey Marcon insiste sur un point encore sous-estimé : ces logiciels séduisent les élus avec leurs indicateurs chiffrés, mais leur fiabilité dépend entièrement de la compréhension de leur méthode de calcul par les équipes techniques.
Le volet communication devient lui aussi central, car expliquer ce qui se passe sous terre est essentiel pour que les habitants de sa ville comprennent et acceptent les choix de gestion du patrimoine arboré de Saint-Germain-en-Laye.
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